Me müess d'Welt nemme wie sie
ish un nit wie sie soll sin  Il faut prendre le monde comme il est et non comme il devrait être
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Légendes et contes d'Alsace

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l'Ame d'un peuple fleurit en ses légendes.
Les générations changent, la légende reste la même,
Elles sont la voix et le sourire de ses aïeux, le témoignage de leurs souffrances, et par elles souvent un fait historique s'éclaire d'un rayon singulièrement suggestif.
Montaigne a dit avec juste raison : La forme de nostre estre dépend de l'air, du climat et du terroir où nous naissons, non seulement le teint, la taille, la complexion et les contenances, mais encore les facultés de l'âme.
L'Alsace est claire, gaie, souriante en tous ses recoins.
Ses plus hautes montagnes sont adornées de luxuriantes végétations, sa faune variée, ses rivières poissonneuses et ses assises granitiques demeurent, pour ainsi dire, le gage de tous ces dons, leur donnant la fixité à travers les âges.
Mais, ainsi que nous l'avons dit déjà naguère, elle est l'éternelle frontière, convoitée, disputée, battue du heurt brutal des armées, arrosée de sang, la terre bénie et tragique à la fois, où fleurit à peine l'idylle, qu'elle s'effare au tocsin !

Si sa nature féconde la fit aimable, les périodiques incursions des ennemis la rendirent forte.
Plus d'une fois nous eûmes la satisfaction d'entendre dire : C'est un Alsacien; il est sûr, vous pouvez compter sur lui !

Oui, l'homme de l'Alsa ( *-1 ) est fidèle, sa parole est solide comme le granit de son terroir, et parce que fidèle il est patient, courageux, entêté (parfois au delà des limites permises), susceptible, par surcroît, donc facilement combatif, entier dans son amour, comme dans sa haine.

Mais il est souriant, aussi, malicieux, exubérant, connaissant en plein la joie de vivre. Les sautes de son vent montagnard tantôt légère brise qui flatte et caresse, tantôt folle bourrasque qui ploie les arbres et fait dégringoler les pierres sur les pentes tout en accentuant son geste, en élevant le diapason de sa voix, ne l'amènent pas à se départir de ce beau calme qui vous met en confiance, en sympathie, quand il se présente à vous.
En cette nature aimable où il évolue, il a acquis le sens du rythme. Une vie saine, robuste, charrie de la beauté à travers son âme enthousiaste, lui apprend à comprendre la nature, à muer ses bienfaits en poésie.

Le plus fruste paysan que vous rencontrez dans la montagne au long de votre promenade solitaire, est capable d'ajouter à son Gott griess'i ( *-2 ) , par un clair matin de printemps :
- Vie singe dock d'Lerche schon hit morgel (Comme les alouettes chantent donc joliment ce matin!
Ou encore :
- D' maiglöckle Luft kùmmt bis do bie ! (L'air des clochettes de mai, c'est-à-dire du muguet, arrive jusqu'ici ! )

Sa marche, souvent, est rythmée par une chanson; les enfants le soir, avec un visible plaisir, chantent devant les portes, à tempo, très juste, des chœurs à plusieurs voix, les jeunes filles chantent le dimanche, en se promenant, tous chantent aux veillées, aux noces, aux baptêmes, et quand l'orchestre à danser lait défaut, on le remplace par des chansons.

Tout le monde connaît le dicton affirmant que la petite Alsacienne sait danser la valse en naissant.
Lorsqu'on voit l'un de ces bals alsaciens en plein vent (il s'en organise au moindre prétexte), l'on est charmé par la gaieté, l'entrain endiablé et la justesse du rythme scandant telles sauteries.
Les vrais Alsaciens dansent comme s'ils accomplissaient un rite, et, source de Jouvence, le rythme demeure au cœur des vieillards, si bien que, souvent quittant les bancs d'où ils regardaient tourner beaux gars et fillettes, ils entrent eux aussi dans la danse, irrésistiblement.

Mais à travers l'âme joyeuse, facilement, reparaît l'âme belliqueuse.
Que ceux du village voisin se soient un peu moqués de l'un ou de l'autre des danseurs du cru, que deux garçons soient en rivalité au sujet d'une fille, d'un concours de gymnastique, de musique, voilà un combat qui s'organise.

En un clin d'oeil, on a mis bas la veste, retroussé les manches de chemise :
- Wart nûmme, du! Meinsch de mach ch'mer angst ! (Attends seulement, toi! Crois-tu me faire peur!)
Et nos coqs s'élancent, tandis qu'à leurs côtés, prenant fait et cause pour l'un, ou l'autre, la rixe des duellistes s'enfle d'une troupe d'amis, de voisins, de partisans, si bien que la mêlée devient générale.
C'est alors le pugilat en règle, qui souvent tourne mal, s'apaise un jour pour reprendre le suivant, dans le Sundgau surtout, où Ton aime à montrer que rien ne vous effraie et qu'on ne se laisse pas marcher sur le pied.
Naguère des querelles de village à village durèrent pendant des années.

Les gars de Werentzhouse avaient pour principe de dire qu'on n'était pas un homme si l'on ne pouvait montrer au moins quatre Rebmesserchnette (cicatrices de serpette), car c'est à coups de serpettes qu'ils se battaient, eux.
Aux entours de Rappoltsweiler on se démolissait avec des bouteilles, ailleurs avec des quilles.
Dans le district de Strasbourg, en haussant les épaules lors d'une rixe de cabaret, l'on disait :
- Laissez donc, c'est au moins des Sundgauer qui ont une querelle à vider !
Le Sundgauer est, en effet, plus belliqueux que le Nordgauer, parce que chez lui, à travers les âges, davantage on s'est battu, et qu'il eut à supporter la plus forte ruée des invasions.

Mais une telle vitalité est en cette terre d'Alsa, aimée des dieux, que toujours elle renaît de ses cendres, semble après chaque holocauste redoubler de fécondité.
Poésie, sens musical, tendresse, fidélité, amour de la nature et du terroir, folle bravoure, noble conception de la justice, de la solidarité, toutes ces qualités de l'Alsacien, comme aussi tous ses défauts, nous les retrouvons dans ses légendes, où, à côté des horribles histoires de guerre, de rapine, d'exactions seigneuriales, nous cueillons les fleurs les plus nobles de la pensée et de la bonté humaines.

Malheureusement ces manifestations de l'âme racique ont, depuis 1870, été comprimées quelque peu.

Et il y eut l'ample saignée de l'exode, l'infiltration insidieuse des immigrés, puis l'emprise en certains endroits de l'alcool eau-de-yie de pommes de terre et de grains, une immigrée, elle aussi étendant d'inquiétante manière ses ravages.

Tel village que nous connaissons, admirable naguère de rendement agricole, de richesse terrienne, est tombé en les vingt dernières années au rang le plus infime, la vigne perdue, les champs ravagés par les herbes mauvaises.

Ces légendes qui bercèrent notre enfance, nous avons essayé de les transcrire en sauvegardant leur naïveté, leur claire simplicité, leurs répétitions ingénues.
Invinciblement nous songions en les méditant, qu'elles demeurent pures comme tout là-haut la neige des monts, transparentes comme l'eau des sources cristallines suintant des roches pour venir former ces mille ruisselets qui entretiennent la fécondité de nos vallées charmantes, aux plates-bandes diaprées, qu'avec amour baise le clair soleil.

En Alsace, chaque montagne, chaque étang, chaque source, chaque ruine a sa légende.
Parmi cette multitude de souvenirs du vieux temps, nous avons de préférence choisi pour ce volume ceux auxquels nous pouvions appliquer quelque fait historique, ou ceux que nous pouvions situer en un cadre ayant perduré à travers les âges.
Toutes nous les entendîmes conter aux veillées, ces traditionnelles assemblées qui nous donnent un reflet de la sociabilité et de la solidarité de nos populations.
Veillées aux noix, veillées de teillage, veillées de consolation, veillées de FAvent, tendant, hélas! à disparaître toutes.
Aux veillées des noix( *-3 ) , pour éviter la main-d'œuvre mercenaire, l'on va casser la noix en chœur chez chaque récoltant à tour de rôle, et pour remercier de l'aide bénévole les invités la maîtresse de maison offre, au départ, le coup de l'étrier conjurant les méfaits de la bise, ou du KarfUnkel (littéralement l'escarboucle, sans doute parce que l'on voit trente-six chandelles quand elle vous poingt, c'est-à-dire la grippe).

Ce coup de l'étrier est généralement un solide petit verre de schnaps (eau-de-vie), que les femmes agrémentent d'un morceau de sucre, et qu'on transforme en grog pour les enfants.

Souvent, particulièrement les samedis soirs, ou les jours auxquels il fut enfourné on y ajoute une tranche de Kugelhopf, de galette à la crème, ou à l'oignon, de buttervveke, ou de toute autre pâtisserie.

Aux veillées de teillage, se peigne et se prépare en commun le chanvre de la fileuse. Hélas! la fileuse elle aussi va rejoindre les neiges d'antan.
Néanmoins nous la trouvons encore de-ci, de-là, surtout en montagne.

Aux veillées de consolation, l'on va tenir société aux récents deuillants, afin de les réconforter et de prier en chœur pour le trépassé.

Aux veillées de l'Avent, chacun apporte son ouvrage en train, les fileuses viennent avec leur rouet, les dévideuses avec leur haspel( *-4 ) (dévidoir) d'autres avec couture, broderie ou tricot, et les hommes avec les harnais à rembourrer, ou quelque autre travail.
Tout en s'acquittant de sa besogne, on commence par dire un chapelet et la litanie des rogations, afin de bénir la germination des semonces confiées à la terre.
Généralement c'est une jeune fille qui est chargée de la prière, car elle porte bonheur , et l'assistance dit en chœur les réponses. Les prières terminées on les expédie passablement vite voici venir le tour des légendes, des contes, des interminables récits de guerre, celle contre les Suédois, celles des jacqueries locales et celles de Napoléon ( *-5 ) y tenant la place d'honneur.
Parfois ne s'inquiétant mie de faire perdre le fil au narrateur, un interrupteur véhément sent le besoin de marquer son indignation par un juron, ou par quelque interjection grossière (dans le Sundgau, notamment, l'on parle gras).

Et la mémoire du tyran, ou de l'homme injuste, est alors flétrie de maître manière, chacun se mettant à le lapider post mortem, les enfants eux-mêmes prenant fait et cause pour les aïeux opprimés ( *-6 ).

Rien de plus pittoresque qu'un tel débat, qu'accentuent îa vigueur imagée de l'expressif dialecte, la sincérité naïve des sentiments et les gestes énergiques, amplifiés sur les murs par les ombres grouillantes.

L'éclat de rire mérite une mention spéciale.
Il jaillit facilement, contagieux aussitôt. Il nous souvient de l'un d'eux, homérique, en vérité, ayant fusé alors que le conteur disait l'aventure de Hans Zorn ( *-7 ) encapuchonnant de poix le Landvogt.

Ce spasme irrésistible ploya en deux les auditeurs, ne leur permettant plus de reprendre haleine. Ils criaient, larmoyaient, se tapaient dans le dos, ne s'arrêtant une minute que pour repartir de plus belle, si bien qu'ils risquèrent en être malades.

Il est vrai que le conteur qui les savait émouvoir ainsi, était un conteur de choix.
Dernier-né d'un riche propriétaire terrien, il avait été élevé au petit séminaire de Mariastein, s'y préparant à la prêtrise, quand, ses aînés ayant délaissé le pays, son père étant tombé malade, il avait dû renoncer à sa vocation pour sauvegarder le bien de famille.
Il se maria, fut père de nombreux enfants, continua à lire, à étudier à toute heure de loisir et fut servi à souhait dans son amour pour l'histoire locale en dénichant, dans un coin du haut grenier à trois étages, de nombreux documents venant de la famille des Reich de Reichenstein, auxquels avait appartenu (durant le XVe siècle) le logis devenu sien, vestige de l'aile gauche du château incendié.

Aveugle à soixante ans, il avait en sa nuit continué à réfléchir sur le passé, à coordonner les faits, à tirer d'eux le maximum de vérité possible.
Il restait fidèle au vieux costume alsacien, le portant encore après 1890, alors qu'il s'éteignit nonagénaire.

Il était beau à contempler avec son visage toujours de frais rasé, encadré de longs cheveux blancs, en lequel ses yeux bleus semblaient continuer à voir, et où un grand nez charnu surplombait une petite bouche malicieuse.
Sa mémoire restait incomparable, et il narrait d'une voix infiniment souple, allant du diapason le plus aigu lorsqu'il imitait la parole d'une femme, d'un enfant, d'une sainte, au registre le plus grave quand il s'agissait d'un redresseur de torts, d'un chef, d'un empereur.

Ainsi que le rire, il provoquait la peur, l'attendrissement, les larmes, graduant ses effets, tel un grand artiste.
Les veillées, chez lui, faisaient toujours salle comble et il en tirait quelque orgueil, de même que de son bel organe qui dominait le bourdonnement des haspels et des rouets.
Généralement il se plaçait devant le poêle, en un vaste fauteuil à oreillettes, mais durant les grands froids, il s'asseyait plus volontiers sur la deuxième marche de la kunst ( *-8 ) , pour avoir le dos appuyé à la troisième et les pieds posés sur la première, et ainsi toujours à deux mains tenant sa canne, il évoquait l'idée de quelque roi mérovingien, ou d'un barde druidique, sa chevelure blanche s'enlevant en lumineuse auréole sur le fond bleu de la faïence.

Pour bien situer le cadre de la veillée, nous dirons qu'elle a lieu dans la Stube( *-9 ) grande pièce du rez-de-chaussée, à la fois salle à manger et salle d'honneur.
Son plafond est à poutrelles, elle possède un haut bahut en vieux chêne (supportant de la vaisselle en étain, des cruches de grès), une horloge à boîte, des bancs, des chaises, aux murs quelques vieilles gravures, près du poêle le fauteuil de l'aïeul, près de la fenêtre un rouet, et dans l'embrasure, attaché par un ruban de couleur, un almanach, principalement le Messager boiteux.

Derrière la glace, ou derrière un antique Pater Noster, calligraphié en caractères gothiques, l'on peut voir, d'un côté la branche de buis des Rameaux( *-10 ) , et, de l'autre, un bouquet d'épis choisis parmi les plus beaux de la dernière récolte.

Il n'y a pas seulement la halte (veillée) des campagnes, il y a celle aussi des villes, où les mêmes légendes se content, mais expurgées de leurs gros mots et des gauloiseries qu'il est d'usage de débiter au village.

Les petits ouvrages de dames y sont cultivés avec art et l'on y fait de la musique. Il nous souvient d'avoir entendu conter, par une très vieille parente, l'histoire d'une mémorable veillée d'Altkirch, remontant à un hiver particulièrement froid de l'époque à laquelle la tour( *-11 ) existait encore.

Une jeune fille chantait en s'accompagnant de la guitare, la ballade d'une vieille légende, quand un grand bruit s'éleva sur la place, autour de l'église, accompagné de si bizarres hurlements que tous en eurent le frisson.

On ouvrit la fenêtre et l'on vit une troupe de loups déchiquetant le cadavre du veilleur de nuit!

Les amis venus pour kalten (veiller) n'osèrent retourner chez eux qu'alors qu'il fit jour. Le vieux conteur cité plus haut se souvenait également de plusieurs veillées de son enfance qui se terminèrent par des chasses aux loups.

A la campagne, comme en ville, les veilleurs possédaient une lanterne (S'kältelaternle).
Si celles des villageois étaient quelconques, celles des citadins, par contre, étaient parfois de vrais objets d'art.
Nous avons souvenance de celle de notre trisaïeule qui était en fer forgé, ornée de fines volutes et garnie de vitres en cristal de roche sur lesquelles étaient gravées les initiales de son nom, et sa devise : Rien à Demy, précieuse relique qui fut volée en 1870.
Une poignée permettait de la porter à la main, et un crochet, représentant un serpent, servait à la suspendre dans la chaise à porteurs.
Lorsqu'on arrivait à la veillée, on soufflait poliment sa lanterne avant de pénétrer dans la maison, pour ne pas enfumer ses amis.
Et quand on s'en allait, celui, ou celle, qui devait procéder au rallumage, faisait un signe de croix avant d'approcher son rat de cave( *-12 ) de la mèche, disant :
Que saint Biaise et sainte Agathe vous protègent et vous donnent une nuit pleine (ne vollkomeni Nacht).

Quand brillait la lune, que le ciel était étoile, l'on se faisait, violonant ou chantant, la conduite en bande, et de loin encore se balançaient les lanternes en signe d'amitié, d'au revoir.
Souvent un jeune farceur s'amusait à faire peur aux femmes, se déguisant en revenant. C'étaient alors des cris fous et des poursuites, les sabots clappant sur les chemins durcis, tous les chiens du village hurlant à qui mieux mieux, puis l'aspergée d'eau pour le délinquant que l'on arrivait à dépister.

Telle était la physionomie des anciennes veillées, lesquelles se terminaient peu après le couvre-feu en temps ordinaire (le dîner, nommé souper, avait lieu à six heures, les Kälten commençaient aussitôt après), et duraient parfois, aux jours fériés, jusqu'à la troisième heure, celle à laquelle le veilleur modulait de sa voix mélancolique le cinquième couplet de sa complainte :
  • Der Tag ckùnt ge schliche,
  • Fir d'Arme und d'Riche,
  • Der edle le Tag, der Gott ùns gab.
  • Ich winsch eich alle ne guete Tag.
  • Le jour arrive en se traînant,
  • Pour les riches et pour les pauvres,
  • Le noble jour que Dieu nous donna.
  • A tous je vous souhaite une bonne journée.
En ressuscitant ces histoires de jadis, comme George Sand nous nous disions que, dans les époques troublées, la mission de l'artiste est de célébrer la bonté, la confiance, la simplicité et qu'une douce chanson, la voix d'un pipeau rustique, un conte pour endormir les enfants, peuvent parfois atténuer la lourde angoisse qui pèse sur tous.
Puis, parler de cette Alsace qui souffre, n'est-ce pas lui dire que nous pensons à elle, que nous l'aimons, que l'espoir fleurit en nos cœurs douloureux !
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*-1 L'Alsa, appellation primitive de la rivière qui donna son nom au pays : d'Alsa elle devint Eisa, puis Ell, et enfin l'Ill.
*-2 Gott grasse euch : littéralement : Dieu vous salue.
Cette expression courante peut paraître bien familière à certaines oreilles.
Elle pourrait s'expliquer ainsi : que le saint de Dieu vous bénisse, eu soit avec vous. En tout cas, l'Alsacien n'y voit nulle malice.
Les méridionales et hyperboliques formules de politesse lui sont inconnues, lui écorcheraient la bouche.
Parlant il parle à son Dieu comme un enfant respectueux parie à un bon père


*-3 Presque chaque ferme a son allée de noyers, ou un lot de noyers à la bordure de ses champs.
On cueille la noix vers la vendange enlevant le brou aussitôt, mais l'on ne procède généralement à l'épluchage de l'amande qu'aux premières veillées.


*-4 Le haspel a donné lieu à nombre de dictons : Être hasplig, c'est être agité. Haspeln veut dire bavarder à tort et à travers.
J'ai des kopfhasple signifie qu'on a des vertiges, etc.


*-5 On le nomme familièrement : Näppi.

*-6 N'est-ce pas l'occasion de répéter, ici on l'oublie trop souvent, que la loyale, fière et rude Alsace qui regarde toujours les gens en face , est démocrate par essence, ne s'en laissant imposer ni par la richesse, ni par les honneurs, et que tout bluff l'exaspère, déchaîne sa verve malicieuse, ah combien !
Son affection et son admiration vont à qui les sait réellement mériter.
Le proverbe dit que l'Alsacien a le genou droit (qui ne plie pas), l'échiné dure, le cœur bien placé.


*-7 Plans Zorn da bailliage de Jean de Dratt, venu demander un sursis pour sa dîme et furieux d'être injurié par le tyran, le coiffa d'un boisseau de poix dont on eut toute la peine du monde à le débarrasser.
Ses serviteurs eux-mêmes succombèrent au fou rire en le voyant ainsi enduit.
Pour se venger d'eux, il en fit pendre plusieurs en même temps que le malheureux Hans Zorn, père de onze enfants.
Jean de Dratt passait pour l'homme le plus cruel de la région, rançonnant et pillant sans merci les hobereaux et les moines du voisinage.
Afin da mieux surprendre et induire en erreur ses victimes, il se déguisait en ours.
Après l'exécution de Zorn, les manants, secrètement soutenus par le Comte Palatin, se ruèrent sur le château, le pillèrent et l'incendièrent, mais de Dratt, parti pour les eaux de Gueberschwir, échappa à leur fureur.
C'est ce sinistre personnage qui revit en le père Fouettard accompagnant saint Nicolas le 6 décembre, sous le nom de Hans Trapp (corruption de Dratt).
Il porte toujours un bonnet et des gants de fourrure, parfois une houppelande en peau d'ours.


*-8 L'escalier du monumental fourneau, faisant corps avec lui, revêtu de la même faïence, certains poêles du vieux temps étaient flanqués de deux escaliers sur lesquels toute une famille pouvait se chauffer.
Une béatitude rayonne de ce chauffoir à travers la pièce et les enfants en connaissent chaque recoin : bouches de chaleur dont les petites portes en cuivre ornementé brillent ainsi que de l'or : cavettes (fours de diverses grandeurs) dans lesquelles se dorent les pâtisseries, se rôtissent des cochons de lait entiers, ou l'oie de Noël, l'échiné de porc de la fête des vendangeurs, et où l'on met sécher les fameux Schnitz (quartiers de pommes et de poires), les pruneaux et les cerises, aussi, de la provision d'hiver.
Parfois une sorte de niche est ménagée à la base.
Alourdis par la quiète atmosphère qui y règne, chats et chiens oubliant leurs querelles y somnolent des journées pleines.
Ces grands poêles, qu'on ne charge qu'une fois par vingt-quatre heures, absorbent une quotidienne ration de plusieurs fagots et de huit à dix gigantesques bûches de bois.


*-9 Le mot remonte sans doute à l'époque gallo-romaine et nous indique au travers de ses transformations, la stuva latine.

*-10 On la promène à travers la maison, quand menace l'orage, afin de préserver lieu et habitants de la foudre.

*-11 La tour d'Altkirch était, après la flèche de la cathédrale de Strasbourg, le point culminant de l'Alsace.


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