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Aujourd'hui, après plus d'un siècle de séparation de leur patrie, les Alsaciens se sentent encore tout aussi Français qu'à la veille de 1870.
Il serait regrettable d'avoir à ressasser ce fait à ceux de nos concitoyens qui resteraient tentés de se désintéresser de l'Alsace, dans l'idée irraisonnée que ce pays, après tout, de par sa langue, fait naturellement plutôt partie du domaine allemand.
Grande erreur, et qui nous est démontrée aujourd'hui par la rapidité merveilleuse avec laquelle les enfants du territoire déjà reconquis s'assimilent la langue française que la plupart d'entre eux n'avaient plus eu l'occasion d'apprendre : c'est qu'ils ont du sang gallo-romain dans les veines, et trop nombreux étaient ceux d'entre nous qui paraissaient l'ignorer.

Ce phénomène d'aveuglement avait pris naissance dès le lendemain de la guerre franco-allemande.
Parmi ceux-là mêmes qui jusque-là n'avaient fait, au point de vue de la nationalité, aucune différence entre les Alsaciens et les Champenois, ou les Picards, ou les Gascons j il s'est trouvé des âmes trop facilement disposées à l'abandon définitif d'une de nos provinces les plus patriotiquement françaises.
Pour ces timides, l'Alsace n'était qu'une pomme de discorde, et voyant que l'Allemagne y tenait beaucoup, leur mot d'ordre était : Pas d'affaires !

Afin d'obtenir le pardon de cet égoïsme et de cette indifférence, ils n'avaient, quand on leur démontrait leur erreur, que la seule ressource d'invoquer leur ignorance, mais qui elle-même était impardonnable.
Car, comment admettre qu'une province si passionnément française depuis deux siècles pouvait en un tour de main prendre son parti d'un changement de nationalité !
Ils ne réfléchissaient donc pas qu'outre l'Alsace, il faut aussi avoir égard aux Alsaciens eux-mêmes ?
Ceux-ci ont leur mot à dire en la question.
Leur volonté est d'être Français, de redevenir et de rester Français.
Qu'un Champenois, par exemple, se mette à leur place.
Quelle serait son attitude, ,si on voulait l'arracher à la France pour en faire un Allemand ?
Exactement celle de l'Alsacien.
Or, comme dit le vulgaire, ce qui est bon pour l'un est bon pour l'autre.

Quand ces Français résignés venaient en Alsace et s'appliquaient à consoler les Alsaciens de leur nouvelle situation, ils étaient pour ceux-ci un sujet d'étonnement et de tristesse.
C'était chaque fois une réplique du Dépit amoureux : les deux amants ne tardaient pas à se bouder, et le résultat inévitable était, d'un côté, que les Français estimaient les Alsaciens parfaitement satisfaits de leur sort, et, de l'autre, que les Alsaciens croyaient constater d'être devenus quelconques pour les Français.
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Une autre raison qui faisait admettre à ces Français trop timorés que les Alsaciens consentaient philosophiquement à vivre une existence nouvelle, c'est qu'ils les voyaient actifs, florissants, entreprenants, d'humeur indécemment joviale, alors qu'un captif, un persécuté, d'après les meilleurs auteurs, doit soupirer, pencher la tête et verser des larmes quotidiennement.
Ils ne se rendaient pas compte que l'Alsacien est un être énergique et audacieux, qui dans des siècles de lutte a puisé la force de résister d'un front serein et avec décision à toutes les adversités.
Il a su apprendre, au cours des âges, que chaque chose arrive en son temps et que le mieux qu'on puisse faire pendant les jours de pluie, plutôt que de devenir maussade, c'est de sourire à l'idée des beaux jours qui reviendront infailliblement.
Mais c'est surtout, et il convient d'y insister, de la différence des deux langues que provient le malentendu, alors que pourtant nous avons l'exemple des Bretons, des Flamands, des Basques, des Provençaux, qui tout en ne se comprenant pas les uns les autres quand ils parlent leur langue maternelle, seraient indignés si on ne les considérait pas comme de bons Français.

A cet égard, l'amusante histoire des mésaventures du Gendarme Schneidig fournit un exemple on ne peut plus convaincant.
Elle sera d'un effet bien plus efficace que tous les articles les plus érudits qui ne cessent de paraître, sur ce thème si délicat, dans nos revues et nos journaux.
C'est l'enseignement très clair par la démonstration directe.
Cette histoire est rédigée par un Alsacien, en dialecte alsacien du Haut-Rhin, et tous les personnages alsaciens qui s'y meuvent avec tant d'entrain s'expriment en dialecte du Haut-Rhin.
Or, tous sont les persécuteurs de celui qui croit les persécuter, l'odieux gendarme Schneidig, représentant ineffable du régime prussien.
Tous sont animés du plus pur amour de la patrie française et de la haine la plus farouche de tout ce qui vient d'outre-Rhin.
Et pour l'exprimer dans leur savoureux parler alsacien, ce n'est pas cela qui est fait pour atténuer le moins du monde l'ostensible intensité de leurs sentiments français.
Je regrette d'être impuissant à rendre, dans ma traduction, le délicieux goût de terroir de ce dialecte alsacien, cette morgue gouailleuse, cette bonhomie ironique, cette verdeur satirique qui en sont le pittoresque apanage. Mais du moins le récit en lui-même est-il suffisamment amusant pour que les lecteurs français le goûtent à leur tour.

Ils y trouveront, par l'exposition des frottements d'un petit fonctionnaire exotique et d'immigrés infatués avec la population indigène foncièrement hostile, l'image vécue de l'Alsace pendant le régime allemand.
Les incidents qui s'y succèdent ne sont nullement inventés; ce sont des événements parfaitement authentiques, dans lesquels l'imagination de l'auteur n'est intervenue que pour les coordonner.
La seule liberté qu'il se sera sans doute permise, c'est d'imputer au seul gendarme Schneidig les exploits de plusieurs autres gendarmes non moins schneidigs que lui.
Schneidig, qu'on peut traduire par coupant ou tranchant ou mordant , est un adjectif par lequel les Allemands se plaisent à qualifier la raideur arrogante de leurs officiers.
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Car, en Alsace, tous les gendarmes se ressemblent, au moral et à l'immoral, comme autant de gouttes d'eau bourbeuse, et c'est tout au plus s'ils diffèrent entre eux par la couleur des cheveux, la coupe de la barbe ou la longueur des oreilles.
Et le lecteur y gagnera en ce sens, qu'au lieu de déguster une série d'anecdotes ou de faits divers, il est en présence d'une narration soutenue qui fait de ce petit livre, tout rutilant de patriotisme français, un roman comique et populaire dans la meilleure acception du terme.
De son côté, le traducteur s'est, lui aussi, permis une licence, en rendant par le mot, d'origine toute récente, de Boche, le sobriquet Schwob dont les Alsaciens gratifient les Allemands depuis pas mal de siècles.
Il aurait pu, il est vrai, employer le mot Alboche, qui était courant, en Alsace comme partout ailleurs, bien antérieurement à la guerre actuelle.
Mais Alboche est détrôné, démodé, depuis qu'une heureuse décapitation en a fait ce terme si souverainement méprisant de Boche, dont la brièveté a l'avantage de rendre mieux l'acception alsacienne, non moins injurieuse, de Schwob.

Il est utile aussi d'apprendre au lecteur français qui pourrait trouver que le hautain Schneidig joue dans son milieu un rôle bien important pour un vulgaire gendarme, qu'au point de vue hiérarchique et du prestige, le gendarme allemand occupe une situation pour le moins équivalente à celle de brigadier de gendarmerie français.
Il a d'ailleurs rang de sous-officier.
Albert Geis, qui a célébré de façon si réussie les exploits héroïques, les amours ancillaires et les infortunes méritées du gendarme Schneidig, n'est au reste pas un débutant.
Né à Guebwiller, il habita Mulhouse jusqu'à la veille de la guerre.
Comme son spirituel illustrateur Zislin, il réside aujourd'hui dans la partie déjà délivrée de l'Alsace.
Il est l'auteur de plusieurs pièces de théâtre et de nombreuses poésies en dialecte, qui lui ont valu la popularité.
Son activité littéraire remonte à l'année i896 où déjà le poète et l'artiste collaboraient ensemble, montant des pièces au Cercle théâtral de Mulhouse, société exclusivement alsacienne qui se plaisait à représenter alternativement des piécettes françaises et des comédies en dialecte alsacien.

Le Cercle théâtral était le précurseur du Théâtre alsacien .
C'est en refusant d'abandonner les représentations françaises qu'il dut céder la place à la concurrence du Théâtre alsacien de Stosskopf; on se figure à la suite de quelles intrigues politiques et souvent policières.
Ce que le Cercle des Annales de Bûcher, si connu, a développé peu après, le Cercle théâtral de Mulhouse l'avait préparé. Malheureusement, livrés à eux-mêmes, les collaborateurs, jeunes et encore inexpérimentés, et travaillant dans une atmosphère déprimante de sourde persécution et d'adroit pacifisme, durent abandonner la partie.
Mais Albert Geis, tout comme Zislin, resta dans la phalange des irréductibles qui furent le trait d'union entre le passé et l'avenir français de l'Alsace.
Sans interruption il collabora, à Mulhouse, au journal satirique Dur's Elsass, dirigé et illustré par Zislin, et lui resta fidèle jusqu'au bout, jusqu'à la veille de la catastrophe mondiale.
Ensuite les deux amis se sont retrouvés pendant la guerre pour continuer l'œuvre de jeunesse, cette patriotique œuvre française qu'ils poursuivent de toute leur ardeur.
Ils ont lieu de se flatter qu'elle porte ses fruits, sur cette vieille terre d'Alsace qu'ils auront contribué à reconquérir moralement par le courage de leur attitude, dont a donné tant de preuves leur talent caustique et souriant.


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